Il y a eu quelques nouveautés côté interfaces digitales ces derniers temps, notamment avec l’E24 qui se répand dans les petites échelles. Il était donc temps de faire un petit point sur les prises de décodeurs que vous trouverez réellement sur le marché à l’approche de 2027 : ce qu’elles sont, où on les trouve, et ce qu’elles offrent.

Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet… J’avais déjà râlé contre ce bazar dès 2012 avec « Prises digitales : ils sont devenus fous », puis je me demandais en 2014 si le Next18 serait l’avenir du N en digital, et plus récemment je m’agaçais (un peu) devant l’E24, la nouvelle interface numérique de trop.
Les choses ont bougé depuis, alors voici où on en est aujourd’hui.

Quelques remarques avant de commencer :

  • Cette liste n’est pas exhaustive : seulement les interfaces les plus courantes, et pas de grandes échelles (1, G…).
  • Les données techniques (contacts, sorties, taille du décodeur) viennent des normes officielles. La plupart des interfaces sont définies par jusqu’à trois organismes : le MOROP en Europe (les normes NEM), la NMRA en Amérique du Nord (S-9.x), et RailCommunity, une association de fabricants (RCN). C’est pour ça qu’on les désigne souvent simplement par leur numéro NEM.
  • La « diffusion » est mon appréciation personnelle, d’après ce que je vois sur le marché, pas une étude de marché. Pareil pour les échelles : ce sont les plus courantes, ce qui n’exclut pas certains modèles d’autres échelles.
  • Les schémas sont mes propres dessins et ne sont pas à l’échelle : ils donnent juste une idée de la forme de chaque prise, côté décodeur et côté locomotive.

Les principales interfaces en un coup d’œil

Les principales interfaces numériques en un coup d’œil.
InterfaceÉchellesDiffusionBrochesSorties
NEM 651N62
NEM 652HO82
PluX8–82
PluX12N124
PluX16HO, TT166
PluX22HO, TT2211
21MTCHO(1)2112
Next18N, TT186–8
E24N, TT2413
mTc14N(1)146
Kato NN(2)–variable

Échelles : échelles les plus courantes, ce qui n’exclut pas l’utilisation sur certains modèles d’autres échelles. Sorties : nombre total de sorties pour l’éclairage et les fonctions. Certaines sorties peuvent être des sorties logiques, c’est-à-dire de basse tension ou puissance, qui nécessitent une électronique supplémentaire pour être réellement reliées à un éclairage ou à d’autres fonctions.
Diffusion :  répandue    en progression    en recul    rare, ou une seule marque.
(1) Märklin/Trix. (2) Kato à l’échelle N, mais pas toujours.

NEM 651, le vieux classique du N

Schéma de l’interface NEM 651 : décodeur avec une rangée de 6 broches, et la prise à 6 trous correspondante côté locomotive
NEM 651 : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

Celui que vous trouverez encore dans beaucoup de modèles à l’échelle N. Il fait le travail, mais il est assez dépassé : seulement 2 sorties d’éclairage, et pas de contacts pour un haut-parleur. Il est peu à peu remplacé par le Next18 ou l’E24.

Année d’introduction : 1997 (estimation, pas de date officielle)
Échelles : surtout N
Contacts : 6, sur une rangée (pas de 1,27 mm)
Sorties : 2, pas de contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 20 × 10 × 4 mm (place pour un décodeur sans son)
Normes : NEM 651 · NMRA S-9.1.1.1

NEM 652, le vétéran du HO

Schéma de l’interface NEM 652 : décodeur avec une prise à 8 broches sur deux rangées de 4, et la prise à 8 trous correspondante côté locomotive
NEM 652 : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

Le grand frère du NEM 651, pour le HO. Il a été assez courant pendant des années, mais il est tout aussi dépassé, avec là aussi seulement 2 sorties d’éclairage. Il est peu à peu remplacé par les interfaces plus modernes ci-dessous.

Année d’introduction : 1995 (estimation, pas de date officielle)
Échelles : surtout HO
Contacts : 8, sur deux rangées de 4 (pas de 2,54 mm)
Sorties : 2, pas de contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 31 × 18 × 7 mm (place pour un décodeur sans son)
Normes : NEM 652 · NMRA S-9.1.1.1

PluX (NEM 658), une famille (surtout) HO

Schémas des quatre interfaces PluX, PluX8, PluX12, PluX16 et PluX22, chacune avec le décodeur et la prise correspondante côté locomotive
PluX8 et PluX12 (rangée du haut), PluX16 et PluX22 (rangée du bas) : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

Le PluX n’est pas une prise mais une famille, nommée d’après son nombre de positions : PluX8, PluX12, PluX16 et PluX22. L’une de ces positions sert de détrompeur (une broche manquante), pour que le décodeur ne puisse s’enficher que dans un sens.

Le PluX22 est le plus courant en HO, et reste une interface tout à fait d’actualité. Le PluX8 est le plus petit, mais n’offre que 2 sorties d’éclairage et n’a quasiment jamais été utilisé : il ne figure même plus dans les normes actuelles. Le PluX12 est encore parfois utilisé à l’échelle N en Europe (surtout par Piko), un choix peu apprécié des modélistes, car ce standard est ancien et limité.

Année d’introduction : 2008
Échelles : surtout HO, parfois N et TT
Normes : NEM 658 (PluX12, PluX16, PluX22) · NMRA S-9.1.1.4 et RCN-122 (PluX16 et PluX22)

  • PluX8 : 8 positions (détrompeur compris), 2 sorties, pas de contacts haut-parleur. Retiré des normes actuelles.
  • PluX12 : 12 positions, décodeur de 20 × 11 mm, 4 sorties, contacts haut-parleur. La RCN-122 ne le traite qu’en annexe.
  • PluX16 : 16 positions, décodeur de 20 × 11 mm, 6 sorties (4 de puissance, 2 logiques), contacts haut-parleur.
  • PluX22 : 22 positions, décodeur de 30 × 16 mm, 11 sorties (9 de puissance, 2 logiques, plus GPIO_C), contacts haut-parleur.

21MTC (NEM 660), la version Märklin/Trix

Schéma de l’interface 21MTC : décodeur avec une prise femelle sur deux rangées, et le connecteur à broches correspondant côté locomotive
21MTC : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

Très courant en HO, utilisé par Märklin et Trix. Beaucoup de sorties sur le papier, mais la plupart sont des sorties logiques : de faible puissance, elles nécessitent une électronique supplémentaire sur la platine de la locomotive pour réellement alimenter un éclairage ou une fonction.

Année d’introduction : 2005
Échelles : surtout HO
Contacts : 21 (plus la position du détrompeur)
Sorties : 12 (4 de puissance, 8 logiques), contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 30 × 15,5 mm
Normes : NEM 660 · NMRA S-9.1.1.3 · RCN-121

Next18 (NEM 662), le standard du N (pour l’instant)

Schéma de l’interface Next18 : décodeur avec un petit connecteur à 18 contacts, et la prise correspondante côté locomotive
Next18 : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

Celui dont j’espérais en 2014 qu’il devienne l’avenir du N… et c’est bien ce qui s’est passé, du moins pour un temps. Le Next18 est devenu très courant à l’échelle N depuis son introduction, et on le trouve aussi en TT, et même parfois dans de petites locomotives HO. C’est un bon compromis entre la taille et le nombre de sorties. Sa version sonore, le Next18-S, échange deux sorties logiques contre des contacts pour le haut-parleur.
Il reste une interface tout à fait valable, mais il est peu à peu remplacé par l’E24, techniquement meilleur et plus pérenne.

Année d’introduction : 2011
Échelles : N, TT et petites locomotives HO
Contacts : 18
Sorties : 8 (4 de puissance, 4 logiques) ; Next18-S : 6 (4 de puissance, 2 logiques) plus contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 15 × 9,5 mm
Normes : NEM 662 · NMRA S-9.1.1.5 · RCN-118

E24 (NEM 664), le petit nouveau qui voit grand

Schéma de l’interface E24 : décodeur avec un petit connecteur à 24 contacts et des broches de guidage aux coins, et la prise correspondante côté locomotive
E24 : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

La raison principale de cette mise à jour. L’E24 a été introduit vers 2020 par ESU pour sa gamme LokSound Nano, comme candidat pour remplacer le Next18… au moment même où ce dernier devenait peu à peu le standard à l’échelle N. Vous savez peut-être que je n’étais pas franchement emballé à l’époque, et j’aurais bien vu le Next18 s’imposer comme standard.
Vous l’avez peut-être aussi vu appelé Next28. Ce nom ne semble pas très utilisé, et tant mieux : il ne ferait qu’ajouter à la confusion avec le Next18 !

Mais je dois reconnaître que l’E24 apporte un vrai plus : davantage de sorties, et des choses comme la possibilité de condensateurs embarqués. Donc même s’il ajoute encore une norme de plus, c’est un compromis valable. C’est désormais une vraie norme NEM, les fabricants européens l’adoptent peu à peu, et la plupart des fabricants de décodeurs produisent déjà des décodeurs E24. À mon avis, il deviendra probablement le nouveau standard dans les prochaines années.

Année d’introduction : vers 2020 (estimation, pas de date officielle)
Échelles : N, TT et petites locomotives HO
Contacts : 24 (plus 4 broches de guidage aux coins)
Sorties : 13 (8 de puissance, 5 logiques), contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 19,5 × 8,4 × 2,6 mm
Normes : NEM 664 · NMRA S-9.1.1.6 · RCN-124

mTc14, Minitrix fait cavalier seul

Schéma de l’interface mTc14 : décodeur avec un bord plat à 14 contacts, et le connecteur plat correspondant côté locomotive
mTc14 : côté décodeur (vues de dessus et de côté, à gauche) et côté locomotive (à droite)

La prise maison de Trix, surtout pour les modèles Minitrix à l’échelle N. RailCommunity l’a bien publiée comme norme (RCN-114), mais RailCommunity est une association de fabricants, et dans les faits cela reste une interface d’une seule marque. Elle est plutôt mal-aimée des modélistes : les décodeurs sont difficiles à trouver (à ma connaissance, seuls Minitrix et Doehler & Haass en fabriquent), et elle n’est compatible avec aucune autre interface.
Malheureusement, Trix n’a pas non plus adopté de standard et semble s’orienter de plus en plus vers des décodeurs embarqués soudés dans la locomotive, sans aucune interface.

Année d’introduction : 2012
Échelles : N (Minitrix)
Contacts : 14, connecteur pour câble plat (pas de 0,5 mm)
Sorties : 6 (4 de puissance, 2 logiques), pas de contacts haut-parleur
Taille du décodeur selon la norme : 14,0 × 9,2 mm
Normes : RCN-114 seulement

Kato N, toujours à part

Schémas de trois platines de décodeurs Kato : décodeur de locomotive, décodeur des phares et feux arrière, et décodeur d’éclairage intérieur
Décodeurs Kato, de gauche à droite : décodeur de locomotive, décodeur des phares et feux arrière, décodeur d’éclairage intérieur (vues de dessus et de côté)

Pas vraiment une interface. Quelques modèles Kato destinés au marché européen sont équipés d’une prise NEM 651. Les modèles américains adoptent souvent une méthode plus radicale : aucune interface, et toute la platine électronique doit être remplacée. Le reste du temps, Kato utilise des interfaces propriétaires, avec 3 types et formes de décodeurs distincts : moteur, phares, et éclairage des voitures.

Année d’introduction : inconnue
Échelles : N (Kato, mais pas toujours)
Contacts : platine de remplacement avec plots de contact
Sorties : variable, pas de contacts haut-parleur
Normes : aucune (propriétaire)

Le mot de la fin

Encore une fois, ce tour d’horizon ne se veut pas exhaustif. Je me suis concentré sur les interfaces que vous avez le plus de chances de croiser en N, TT et HO, et j’ai laissé de côté les grandes échelles comme le 1 et le G.
Si vous êtes en N comme moi, la version courte : le Next18 est ce que vous trouverez le plus aujourd’hui, l’E24 de plus en plus, et le NEM 651 sur les modèles plus anciens. Pas si mal… tant que personne n’invente une nouvelle prise de plus !

Petite auto-promo au passage : tout ceci, avec plus de détails, sera dans la troisième édition de mon livre, que je prévois de sortir avant 2027. Mais mon but sur ce blog n’est pas de vendre des livres, c’est de partager l’info. C’est pour ça que vous avez déjà tout ici !

Alors, qu’en pensez-vous ? Quelles interfaces trouvez-vous dans vos modèles, et avez-vous déjà croisé de l’E24 ? N’hésitez pas non plus à commenter si vous pensez que j’ai oublié quelque chose, ou que je me suis trompé quelque part.